Retour à Naevasha et week-end à la campagne…
Par L'O.N.G c'est toi • 20 déc, 2008 • Catégorie: Voyage •L’an dernier, je suis parti aux alentours de Noël, de la surpeuplée, surétendue et polluée Nairobi pour rejoindre la petite ville de Naevasha, dans le but de prendre un peu de repos, visiter le lac et le Parc National de Hell’s Gate. Ce voyage, riche en expériences aurait pu mal finir…
Pas particulièrement bien équipé pour camper, la première partie de la semaine s’était passée tant bien que mal, seul dans un camping d’une centaine de places, avec une famille d’Indiens bien tranquille, des singes et les hippos la nuit, derrière une impressionnnante barrière électrifiée. Une balade sur le lac et une randonnée sur Crescent Island au milieu de la faune sauvage, zèbres, gnous, girafes et une tripotée d’oiseaux… Après 3 heures de randonnée en plein soleil, épuisé, je rejoins le camp pour me reposer, afin d’être frais le lendemain pour attaquer, en vélo le parc de Hell’s Gate. Le lendemain donc, surchargé et sous-équipé (pas assez d’eau ni de nourriture, et pas de blouson imperméable) j’entre dans le Parc National de Hell’s Gate, une expérience intense, circuler en vélo au milieu de zèbres, gazelles et dickdicks… Un trek dans des gorges spectaculaires et luxuriantes. Insolation, froid et humidité sont un cocktail détonnant sur le corps humain… Sorti du parc un peu déconfi, il reste encore 2km à marcher avant d’arriver à la route principale, avec un grand vent et le ciel qui commence à se couvrir de gros et menaçants nuages. un petit trajet en bus et me voilà de retour au camp, sous une pluie battante… S’en suivent deux jours de fièvre et un retour sur Nairobi, le jour même du début des émeutes qui ont ravagé le Kenya l’an dernier et ce début d’année durant près de 3 mois… Un retour en bus des plus mouvementés pour conclure des vacances un peu spéciales…
De retour cette année, à Naevasha, pour voir le nouveau spectacle des Dank Dappers, la troupe de M’Dogo. L’an dernier, clown, jonglerie et acrobatie conclusion pet des jeux avec les enfants… Le nouveau spectacle regroupe 5 artistes (contre 2 l’an dernier) et est selon M’Dogo plus acrobatique… Pour l’instant j’attends en compagnie d’Oso et d’une bonne bière fraîche en écoutant un concert de Bongo Flavour de bonne qualité…
Première partie du spectacle, sauts, pyramides, mains à mains et saut à la corde… Du bon niveau sans aucun doute, M’Dogo est impressionnant de maîtrise. L’équipe qui l’accompagne, entraînée par ses soins ne soutient pas la comparaison, ça bouge un peu, ça manque de stabilité et de régularité mais l’ensemble est tout de même des plus spectaculaires… Une coupure pour faire un peu d’animation avec les enfants, concours de danse et jeux… On attend avec impatience le retour des acrobates… Les revoilà enfin, petit passage jonglerie, M’Dogo a fait des progrès impressionnants aux massues, un peu d’équilibre et de nouveau, de superbes pyramides, ensuite viennent les numéros de feu : avalage de flammes, limbo, ce numéro est tout nouveau pour l’Heritage Club, l’accueil est excellent. En somme, un show varié et de qualité, bravo les Dank Dappers, voilà du bon boulot.
Après le spectacle un bon repas, poximité du lac oblige, on se régale avec un délicieux Tilapia frit… Le lendemain matin, nous revoilà sur Naevasha Highway, nous attendons un bus direction Nakuru. Attendre au bord de la route en plein soleil, pour un temps indeterminé (comme faire du stop en pleine canicule) peut paraître incofortable voire carrément ennuyeux mais le fait est qu’au timing Kenyan (“not too hurry and not too late”), regarder passer la vie depuis le bord de la route est en fait plutôt agréable…
Le bus arrive finalement, on grimpe et c’est parti, 1h/1h30 de route et voilà Nakuru, l’absence de particularisme architectural dans les villes fait que Nakuru ressemble beaucoup à toutes les autres villes de même taille… M’Dogo nous enmène chez une amie à lui, la seule femme rasta de Nakuru, à Flamingo Estate, son quartier d’enfance. Ici les gens appellent M’Dogo, Munyere (le nom Kikuyu de son père). Dans l’après-midi, on fait un petit tour du côté du parc National de Nakuru, de chez Joyce il s’agit d’une petite marche à pied… Du parc ou du lac on ne verra pas grand chose, quelques zèbres, 2 ou 3 buffles, et des tas de singes et de loin, le lac et les flammants roses qui l’ont rendu célèbre. Nous passons la nuit chez Ruben et Joyce, puis nous prenons le bus, encore un, direction la ferme de M’Dogo, où vivent sa grand-mère et sa mère. La grand-mère de M’Dogo a dans les 90 ans, les oreilles percées et étendues comme les Massaïs, et plus que quelques dents… La maman de M’Dogo a un visage ridé et souriant, les hanches larges et un rire joyeux. La ferme en elle-même regroupe 4 bâtisses, la maison de la grand-mère, celle de la mère, une cuisine et un grenier à maïs, 2 vaches, une petite dizaine de poules et 2 acres de maïs, quelques bananiers et avocadiers.
En terre Kikuyu, à la frontière de la vallée du Rift, nous sommes sur un terrains très fertile, les arbres, les herbes et toutes sortes de plantes s’en donnent à coeur joie, la proximité du rift a sculpté ici et là, il y a de ça plusieurs millénaires, des petits monts, le paysages se déroule donc dans une succession de vallées, avec des shambas ( fermes et champs) à perte de vue. M’Dogo est content que nous soyons là, le coup de main est le bienvenu, arracher à la main 1 acre de maïs, c’est quand même plus facile à trois… Après 2 jours dans les champs, il est temps pour nous de rentrer sur Nairobi où du travail attend, M’Dogo a des répétitions, je dois continuer du relationnel et de la paperasse….
Retour au bord de la route, sauf qu’au milieu des shambas, ce n’est pas un highway mais une piste plus ou moins nivelée… Après une longue attente infructueuse, nous optons pour les motos taxis, jusqu’à la prochaine “vraie” route… Avec la tente et les bagages, la descente est un brin sportive, je suis sur une Yamaha Crux 125 que le chauffeur conduit avec une finesse étonnante, la route est magnifique, un vrai bonheur. Passage express à Nakuru et on est de nouveau dans un bus sur la route pour Nairobi… Le chauffeur se veut original et décide de prendre la nouvelle route, qui vient d’être finie… Point de vue panorama : BONUS, une route en lacets qui remonte depuis les lacs vers le plateau de Nairobi, un peu plus de 800m de dénivelé et une vue spectaculaire sur une dizaine de kilomètres. En prenant cette route, le chauffeur voulait peut-être éviter les barrages policiers, très nombreux en cette période de l’année… RATÉ la route en est pleine, nous sommes arrêtés 7 fois, sans conséquence sauf pour le chauffeur qui paie systématiquement un droit de passage ? Après 3 heures éprouvantes, avec le sac sur les genoux nous revoilà à Nairobi. Un dernier bout de chemin en matatu pour rejoindre Civil Servants et la maison et ce long week-end se conclue.



